Réussites

Fêtons ces six décennies de science et préparons-nous pour les nombreuses autres années à venir

Travaillant à proximité des Laboratoires de Chalk River, dans un coin tranquille de l’Ontario près de la rivière des Outaouais, l’équipe d’Énergie atomique du Canada Limitée (maintenant connu sous le nom de Laboratoires Nucléaires Canadiens [LNC]) a fait une différence concrète dans la vie des gens au Canada et dans le monde entier. Au cours des 60 dernières années, le réacteur national de recherches universel (NRU) s’est trouvé au cœur des recherches effectuées.

Bien qu’il ait été conçu durant la « belle époque » du nucléaire des années 1940 et du début des années 1950, le NRU à basse température et à basse pression de 135 MWth a favorisé des percées impressionnantes dans un vaste éventail de secteurs industriels importants à l’échelle internationale.

Concrètement, le NRU a permis de prouver de nombreux concepts qui ont ultérieurement été intégrés à la conception du réacteur à eau lourde CANDU (réacteur canadien à deutérium-uranium); cette merveille d’ingénierie a été mise au service de plusieurs pays de manière sécuritaire et fiable. Parmi les concepts prouvés, notons le rechargement à chaud du combustible, une caractéristique distinctive de la flotte actuelle de réacteurs CANDU et un exploit réalisé à l’origine par le NRU. En tant que source d’énergie propre, il a permis de fournir de l’électricité à des millions de personnes tout en évitant l’émission de milliards de tonnes de gaz à effet de serre. En 2014, l’Ontario est devenu le premier gouvernement en Amérique du Nord à abandonner complètement l’utilisation des centrales thermiques au charbon. Cette réalisation est attribuable au réacteur CANDU. Il a donné naissance à une chaîne d’approvisionnement nucléaire lucrative d’un bout à l’autre du pays. Celle-ci a servi de phare et de source d’inspiration pour de nombreuses générations de Canadiens aux de capacités intellectuelles ou manuelles exceptionnelles.

Le NRU et le personnel des LCR ont favorisé la création d’une industrie internationale des radio-isotopes médicaux. Bien que, de nos jours, on souligne généralement le rôle essentiel joué par le NRU dans la production de molybdène 99, il ne faut pas se cacher que le réacteur a permis de propulser vers l’avant de nombreux produits radiopharmaceutiques, dont l’iode 131, un isotope servant principalement à la thérapie, à l’imagerie et au diagnostic; l’iode 125, qui permet de traiter le cancer de la prostate (curiethérapie) et qui est utilisé dans les trousses de diagnostic in vitro (essais radio-immunologiques), dans les ostéodensitomètres et dans le marquage des protéines à l’iode; le xénon 133, un outil de diagnostic médical, servant surtout à la scintigraphie des poumons; le cobalt 60 à activité spécifique élevée, principalement utilisé dans le traitement du cancer, et, plus récemment, l’yttrium 90, qui permet de traiter le cancer du foie. Au cours des 60 dernières années, ce réacteur a permis d’offrir des traitements médicaux à plus de 500 millions de patients à l’échelle internationale. 

Le NRU a fourni les neutrons nécessaires aux activités de recherche dans un vaste éventail de domaines scientifiques, tant pour la recherche appliquée que fondamentale.  Les neutrons provenant du NRU ont servi à examiner des pièces des navettes spatiales afin de répondre à des questions sur le rendement des matériaux. Ils ont aussi permis de jeter un éclairage nouveau sur les avions, les trains et les automobiles dans le cadre des efforts constants déployés en vue de trouver de nouveaux matériaux plus légers et plus robustes ainsi que de nouvelles techniques de fabrication offrant un meilleur rendement. Enfin, ils nous ont aidés à répondre à des questions fondamentales sur la santé humaine et les fonctions biologiques, à découvrir des approches novatrices de l’administration de médicaments ainsi qu’à examiner des systèmes radiculaires en vue d’atténuer les problèmes mondiaux de production alimentaire découlant des changements climatiques.  

Et, l’une des réalisations dont je suis particulièrement fier, le réacteur NRU termine sa vie utile dans un état aussi sûr -- et même plus sûr -- qu’à ses débuts. Nous continuons à améliorer notre façon de fonctionner, de travailler et d’assurer l’entretien de l’installation. Le NRU est l’un des réacteurs nucléaires de recherche les plus anciens encore fonctionnels dans le monde et, pourtant, le nombre de jours où il a été actif figure parmi les trois premiers (en 2016-2017, le NRU a atteint les 234 jours de fonctionnement), et le délai moyen entre les arrêts et les fermetures imprévues a continué de s’améliorer. Il s’agit d’un exploit qui reflète manifestement notre engagement à l’exploitation sûre du réacteur et témoigne de la fierté que tant de personnes dans les LNC éprouvent pour cette vénérable machine.

De toute évidence, le NRU a fait une différence dans le monde entier. C’est pourquoi ce mois-ci, à l’occasion du 60e anniversaire de sa première mise en service, nous prenons le temps de nous arrêter, de réfléchir et de célébrer. J’offre mes félicitations et mes remerciements à l’ensemble de l’équipe qui a rendu tout ceci possible : les scientifiques, les ingénieurs, les opérateurs, les chercheurs, le personnel de bureau et les membres de la direction.

Dave Cox
Vice-président, Exploitation, et agent principal du nucléaire